Le poivre rouge de Kampot a des notes fruitées et fleuries et possède des saveurs de vanille et d’agrumes confits. Il est l’allié de vos poissons, compotes vanillées et viandes blanches.
Le poivre de Kampot appartient à l’espèce des piper nigrum, une variété que l’on retrouve notamment en Inde, au Cameroun et en Asie du Sud-Est. Les graines de ce poivre poussent sur une liane pouvant monter à plusieurs mètres de haut. Selon le stade de récolte et le traitement apporté sur les baies de piper nigrum, on obtient du poivre vert, noir, blanc ou rouge. Chaque couleur a une intensité et un goût spécifique.
Pendant plusieurs mois, la liane grandit et produit des grappes. Quand la couleur des baies devient rouge, cela signifie qu’elles sont à maturité optimale. Les grappes sont alors récoltées sans tarder, afin d’éviter le pourrissement. À Kampot, les baies rouges sont trempées dans de l’eau bouillante puis dans de l’eau glacée immédiatement après avoir été récoltées. S’en suivent plusieurs jours de séchage entre ombre et soleil pour fixer les arômes et la couleur rouge du poivre. Les baies sont ensuite triées et calibrées pour ne garder que les plus belles.
La province de Kampot, située au Sud-Ouest du Cambodge, est un territoire idéal pour la culture du poivre. Le climat très chaud et humide favorise l’épanouissement de la liane de piper nigrum, tandis que les sols poreux permettent un drainage optimal des eaux de pluie, évitant ainsi aux racines de pourrir.
Le poivre rouge de Kampot développe des notes fruitées, sucrées et vanillées qui conviennent bien aux plats sucrés-salés et aux desserts. En bouche, on distingue de la griotte, des cerises confites, mais aussi de l’écorce d’orange et de la vanille Bourbon. Défini comme ardent sur notre échelle d’intensité pimentée, le poivre rouge est à la fois bouillonnant et cuisant. On peut dire qu’il est la quintessence du poivre, alliant les arômes intenses et envoûtants des grains arrivés à maturité et le piment acidulé et chaud du poivre noir.
On peut dater l’apparition du poivre au Cambodge au royaume d’Angkor, soit à partir du IXè siècle. En effet, ce serait des Chinois originaires de la région d’Hainan qui auraient apporté la culture du poivre dans la province de Kampot. C’est dans les récits de voyage de Tcheou Ta Kouanau, un explorateur chinois du XVIIIè siècle, qu’on trouve des preuves de cette origine. Lors de l’époque coloniale, et notamment au XIXè siècle, le poivre de Kampot voit sa popularité accroître fortement et il devient alors une denrée d’importation majeure. On dit de lui qu’il est « le meilleur poivre du monde » !
À partir de 1975, les Khmers rouges réduisent à néant sa production pour le remplacer par du riz. C’est seulement trente ans après que quelques familles de planteurs donnent une nouvelle vie à ce poivre si intimement lié au Cambodge.
En 2009, le poivre de Kampot devient le premier produit cambodgien à bénéficier d’une indication géographiquement protégée (IGP). Il faut dire que dans la province de Kampot, située entre la mer et les montagnes, le poivre est une affaire sérieuse ! Ces terres exceptionnelles sont cultivées par des familles de planteurs fous amoureux de leur poivre et fiers de leur savoir-faire ancestral. Pour obtenir l’IGP, les producteurs Cambodgiens se font aider par le syndicat des producteurs français du piment d’Espelette. Ils ont obtenu l’IGP auprès de l’AFD (Agence Française de Développement).