La baie de Tasmanie a des arômes de mûres et est cueillie à l’état sauvage sur les collines du nord de la Tasmanie. Elle s’accorde à merveille avec une viande rouge, des fruits de mer, des brochettes de poisson ou une marinade.
Ce poivre indigène possède un parfum de laurier et de chanvre avec des notes florales qui tendent vers le géranium. En bouche, elle est intensément piquante, au goût doux-amer avec des accents aromatiques de sous-bois, de fruits rouges et de genièvre. Il faut savoir que la baie de Tasmanie peut donner une sensation d’engourdissement tout comme la baie de Szechuan, il faut donc rester vigilant sur le dosage.
Cette baie pousse à l’état sauvage dans les forêts pluviales du Nord-Est et du Nord-Ouest de la Tasmanie. La principale zone de collecte se trouve sur les collines de « Surrey Hills », près de la ville de Parrawe, aujourd’hui disparue. Les baies sont collectées à la main de mars à avril puis séchées à l’air libre. Seulement 5 tonnes de baies de Tasmanie sont récoltées chaque année. La baie de Tasmanie, très rependue chez les peuples aborigènes est aujourd’hui incontournable dans la cuisine locale australienne du « bushtucker » : ensemble des espèces animales et végétales sauvages d’Australie. Par ailleurs, le terme « bushtucker » désigne aussi le statut privilégié dont jouit l’homme de la tribu aborigène qui est chargé de la chasse et de la cueillette.
Ce poivre n’a aucun lien de parenté avec le poivre Piper nigrum ; il appartient à la famille botanique des Winteracées. Tout comme son cousin le poivre de Chiloé, la plante de la baie de Tasmanie suit un cycle de vie de trois ans avec une récolte abondante suivie d’une récolte moyenne et d’une récolte très faible.
C’est une perle rare, qu’on ne trouve qu’en Australie, dans les régions de Victoria et de Nouvelle-Galles du sud, ainsi bien sûr qu’en Tasmanie. Cette baie violette est le fruit du Tasmannia lanceolata, un arbuste persistant de 2 m de haut, aux ramures prunes et au feuillage vert pâle très beau. En séchant, elle devient noire mais colore les aliments en violet lors de la cuisson.
Découverte par le botaniste français Jean-Louis Marie Poiret, la baie de Tasmanie était utilisée dans la cuisine par les peuples autochtones. Réputée pour ses propriétés aphrodisiaques et antimicrobiennes, cette baie sauvage était très utilisée en médecine traditionnelle. En cuisine, elle servait surtout à mariner les viandes comme l’autruche, l’émeu, le crocodile ou encore le kangourou.
Au début du XIXème siècle, des plants ont été apportés en Cornwall, au Royaume-Uni. Remise au goût du jour ces dix dernières années, la baie de Tasmanie fait l’unanimité chez les chefs australiens et néo-zélandais qui rivalisent d’originalité pour l’utiliser en cuisine : glaces à la baie de Tasmanie, sauce chimichurri pour le barbecue, écrevisses rôties. Testez, vous l’adopterez !